LES ECHOS DU JOUR : DERNIÈRE LIGNE DROITE VERS VALPARAISO

La grande expérience du sud

Vers un nouveau final à suspens ?

LES ECHOS DU JOUR : DERNIÈRE LIGNE DROITE VERS VALPARAISO

La grande expérience du sud

Vers un nouveau final à suspens ?

 

A 1100 milles de Valparaiso ce matin dimanche 18 janvier les 2 leaders de l’étape 4 entament leur dernière ligne droite vers la destination tant attendue. Fini le grand sud depuis 48 heures et un dernier virement de bord à proximité de la limite des 50° de latitude. En route directe vers Valparaiso BELGIUM OCEAN RACING – CURIUM et CREDIT MUTUEL vont rencontrer sur leur chemin un système anticyclonique qui pourrait bien rebattre les cartes ; anticyclone, un mot qui n’a pas été prononcé depuis longtemps ! Avec à ce jour 5800 milles parcourus en surface pour les leaders, à la moyenne de 14,2 noeuds ; avec la distance restante c’est près de 7000 milles qu’auront eu à parcourir les équipages de la 2ème édition de la GLOBE40 pour rallier les côtes chiliennes.

Cette grande étape Sydney – Valparaiso courue pour la grande partie du parcours dans les quarantièmes aura été une incroyable expérience pour les skippers pour qui c’était une première, à l’exception de la canadienne Mélodie Schaffer et du britannique Alan Roberts. Certes l’étape 2 du Cap-vert à l’île de la Reunion était plus longue (8000 milles) mais elle s’éloignait beaucoup moins des terres habitées ; du continent australien aux côtes de la Cordillère des Andes c’était une expérience d’un océan entier, pas du tout pacifique, à traverser d’Ouest en Est dans une immensité maritime vide de toute île et de tout trafic. Les moyennes ont été incroyablement élevées – 1200 milles parcourus en 3 jours dans les derniers jours – l’intensité de la compétition n’a jamais faibli, et dans ces mers formées (jusqu’à 7 m de creux) et avec des vents descendant rarement en dessous de 30 noeuds l’épreuve a été rude tant pour les professionnels que pour les amateurs. C’était aussi une grande première pour la Class40 d’aller sur ce terrain que l’on pensait réservé aux grandes classes océaniques (Imoca – Ultim) et les Class40 de dernière génération ont prouvé leurs capacités dans cet environnement ; en étant présente maintenant en haut du spectre de la course au large la Class40 s’ouvre de nouveaux horizons de développement.

Mais au delà des aspects sportifs, l’expérience humaine, personnelle, est unique. Ce qu’on ressenti les skippers dans ces immensités, conscients de leur fragilité dans ces grands espaces, est bien proche de ce que Saint-Exupéry nous décrit des sentiments des pionniers de l’Aéropostale traversant sur leurs drôles de machines les déserts africains et l’Atlantique Sud. Certes la technologie a évolué mais les fondamentaux demeurent et au final c’est la nature qui décide du destin de ceux qui s’aventurent dans ces parages. À en voir la beauté des images transmises des bateaux, symbolisées par ces sublimes allures des albatros, gardiens des temples du sud, on ne peut de vibrer – et être envieux – à l’unisson des sentiments des skippers ; ce fut une expérience d’une vie, le mot n’est pas galvaudé.

Au registre des émotions et des sentiments l’épopée de FREE DOM sur cette 4ème étape sera aussi un épisode marquant. Partis le 1er janvier avec le reste de la flotte Thibaut Lefevere et Nicolas Guibal après 200 milles doivent faire demi-retour, un safran endommagé par la rencontre avec un OFNI (objet flottant non identifié) ; de retour à Sydney l’attente fut longue pour récupérer le safran expédié de France. Repartant dans l’euphorie il y a 3 jours FREE DOM  a à peine parcouru 60 milles que le voilà frappé par la foudre, black-out total, toute l’informatique et l’alimentation électrique hors d’usage. Un grand moment de découragement puis les skippers reprennent le chemin de Sydney, toujours superbement accueillis par les équipes du Royal Sydney Yacht Squadron. Reprenant le dessus et ayant pu réparer en 24 heures la plupart des avaries Thibault et Nicolas repartent pour la 3ème fois ce samedi 17 janvier, forçant l’admiration et en particulier de toute la communauté voile de Sydney qui a suivi de prés les événements et a exprimé son admiration. Le soutien des autres skippers, en particulier de tous les Class40 classiques « pointus » qui viennent à leur tour de passer le fameux point NEMO, et de l’organisation n’a jamais faibli, symboles de cet esprit et de ces valeurs sur lesquelles se construit la GLOBE40. On souhaite vivement en tout cas à FREE DOM de poursuivre son long chemin solitaire vers Valparaiso sans connaitre de nouveaux désagréments.

Enfin comme le spectacle ne s’arrête jamais sur la GLOBE40 l’épisode anticyclonique à venir devant les étraves des deux leaders nous annonce peut être un nouveau final à suspens. En 48 heures l’écart entre Benoit Hantzperg / Djemila Tassin et Antoine Carpentier / Alan Roberts s’est réduit de 80 à moins de 50 milles ce matin, CREDIT MUTUEL étant dans une position plus favorable à l’approche de cette zone de vents faibles. Les autres étapes de cette 2ème édition nous ont prouvé que rien n’était joué avant la ligne d’arrivée, à l’image des 9 minutes qui ont séparé les 3 premiers à l’arrivée à la Reunion, l’équipe allemande NEXT GENERATION ayant comblé un retard de 600 milles… résultat des courses aux alentours des mercredi 21 ou jeudi 22 janvier en rade de Valparaiso…

 Cartographie : pour suivre la course 

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